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Activités en cours

Séminaire du CELAR

À compter de l'année universitaire 2017-2018, le CELAR travaillera sur un nouveau programme de recherche : le mémorable.


La première séance du séminaire du « Centre d'étude des littératures d'Ancien Régime » (CELAR), consacré au "mémorable", aura lieu mardi 12 décembre à 17h30 (Portique, salle 401).

Elle prendra la forme d'une présentation des directions possibles que peut emprunter une réflexion sur le "mémorable", notamment sur les périodes d'Ancien Régime, à partir de quatre courtes interventions de Sandrine Berrégard, Muriel Ott, Enrica Zanin et Jean-Charles Monferran.

Autres dates à retenir :

  • vendredi 16 mars 2018 (15h-17h). Remise de Mélanges en l'honneur du Professeur Gilbert Schrenck (Portique, salle 409).
  • 22, 23 et 24 mars 2018. Colloque international, "le XIXe siècle, lecteur du XVIe siècle", organisé par Hélène Védrine (CELLF, Paris-Sorbonne) et Jean-Charles Monferran (CELAR, Université de Strasbourg). Le colloque, réunissant 27 participants, aura lieu au Collège Doctoral Européen.
  • 29 mars 2018. Conférence de Jean de Guardia sur "la construction du mémorable dans l'histoire littéraire" (Portique, salle 409).
  • jeudi 12 avril 2018. Conférences de Gilbert Schrenck et d'Elisabeth Schneikert sur les mémorialistes (XVIe-XVIIe siècles). (Portique, salle 409).

Colloque "Le XIXe siècle, lecteur du XVIe siècle"

Colloque international (Strasbourg), 22-24 mars 2018 -

Amphithéâtre du Collège doctoral Européen

Organisé par Jean-Charles Monferran (université de Strasbourg) et Hélène Védrine (université Paris-Sorbonne)

Pour télécharger le programme, cliquez ici.

 

Rouvrir la tombe du seizième siècle, recomposer cette merveilleuse époque, faire marcher au jour des vivants ce siècle éblouissant qui emplissait toutes les pensées.  A. Dumas, Dieu dispose, 1850, chapitre I

 

            Rouvrant la tombe du xvie siècle, le xixe siècle a contribué de façon décisive à la renaissance de la Renaissance : il y découvre un double de lui-même, un siècle des ruptures, des réformes, sinon des révolutions. La redécouverte de cette période, associée à un âge d’or, va de pair avec le rejet du classicisme considéré comme son envers. Louée pour sa liberté et son énergie singulières qui peuvent étonnamment se combiner avec un raffinement formel, la Renaissance, ses héros et ses figures hantent alors les esprits qui réfléchissent à leur modernité, en se confrontant à elle au gré de correspondances, d’analogies ou de contrepoints divers. Le xvisiècle envahit la scène française, celle de son théâtre, de sa poésie, de ses romans et de ses fictions, passionne les artistes, les historiens, les hommes politiques, les savants.

Le but de ce colloque est de revenir sur cette histoire dessinée ici à gros traits afin de la préciser ou de la contredire, en donnant l’occasion à des seiziémistes et à des dix-neuviémistes de plusieurs disciplines (littérature française et comparée, histoire du livre et de l’édition, histoire, histoire de l’art, histoire de la langue, histoire de l’enseignement, histoire des sciences et des techniques) de travailler en commun et de croiser leurs regards.

            On s’intéressera notamment :

-       à la question de la représentation du xvie siècle et à son évolution tout au long du xixe siècle. Comment fabrique-t-on le xvie siècle chez les historiens, chez ceux qui, dans la lignée de Sainte-Beuve, s’ingénient à dresser une histoire littéraire ou encore chez les historiens de la langue qui identifient un français du xvie siècle ? Peut-on parler, et dans quel domaine, d’un style Renaissance qu’il s’agirait de restituer ou de trouver ? Quelles sont les bornes chronologiques et géographiques avec lesquelles on circonscrit cette période ? Pense-t-on la Renaissance en termes nationaux et/ou européens ? Comment s’opère le départ avec le Moyen Age et, de l’autre côté, avec le xviie siècle et/ou le classicisme ? Le xvie siècle français est-il compris comme un tout indivis ou est-il scindé en divers moments ? Le rapport des auteurs à cette période ancienne, fait d’admiration comme souvent de distance et de ricanement, est-il le même selon que ceux-ci s’intéressent au début du siècle ou à sa fin troublée, à l’âge humaniste ou à l’âge baroque ? Par-delà ces questions de périodisation et de frontières, on s’intéressera à la manière dont les hommes du xixe siècle donnent à lire et à voir le xvie siècle, aux figures archétypales de la Renaissance qu’ils retiennent (Michel Ange, Ronsard, Rabelais ou Shakespeare…), à la manière dont ils cherchent à en restituer la présence.

-       à la nature même de la réception et de la transmission des textes du xvie siècle. Quels sont les auteurs du xvie siècle qu’on lit précisément (ou non), qu’on édite (et comment ?), qu’on conserve avec soin (et où ?), qu’on enseigne (et de quelle manière) ? Quel est le rôle des revues, des anthologies, des manuels et des collections dans cette transmission ? A côté de passeurs connus (Sainte-Beuve, Nodier, Nerval), ne peut-on faire émerger des figures plus discrètes de découvreurs de la Renaissance ou de lecteurs assidus de cette période ?

-       à l’influence des formes esthétiques et linguistiques propres au xvie siècle sur celles du xixe siècle. Quelles formes littéraires (le sonnet, voire l’ode, la littérature emblématique, etc.) et quelles inventions linguistiques, introduites à la Renaissance, sont réinterprétées par le xixe siècle ? En quoi nourrissent-elles la poétique des divers mouvements littéraires et des divers écrivains du xixe siècle ? Le xvie siècle et le xixe siècle constituent enfin deux étapes décisives dans l’émergence et le développement de la culture de l’imprimé. En quoi le xvie siècle vient-il étayer les formes nouvelles d’esthétique du livre (illustration, mise en page, typographie, reliure…), ses modes de création et de diffusion tout au long du xixe siècle ?