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CERIEL

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Vous y trouverez traces des activités du CERIEL en 2017-2018, 2016-2017, 2015-2016 et bien avant.

SÉMINAIRE 2018-2019 : ÊTRE CONTEMPORAIN(S)

 

« Tous ne sont pas présents dans le même temps présent. Ils n’y sont qu’extérieurement, parce qu’on peut les voir aujourd’hui. Mais ce n’est pas pour cela qu’ils vivent en même temps que les autres. » (Ernst Bloch)

 

Pour le philosophe Ernst Bloch, réfléchir à la notion de « non-contemporanéité » consistait à tenter d’expliquer la montée du nazisme dans son pays autrement que par la simple résurgence d’une pensée réactionnaire ou rétrograde. La « force » de ce « passé qui s’immisce » lui permettait d’interroger les raisons de la non-concomitance d’existences pourtant contemporaines, et ainsi de restituer toute sa complexité au sentiment d’appartenance au temps présent. « L’époque d’un homme », écrivait-il, ne peut être séparée de sa situation dans le monde (« l’endroit où il se trouve en chair et en os ») et surtout au sein de la société (« la classe à laquelle il appartient »[1]). La « contemporanéité » impliquerait donc tout autant une cohabitation qu’une simultanéité, cohabitation à interpréter en termes idéologiques, politiques, mais aussi strictement temporels. La réflexion d’Ernst Bloch nous conduit en effet à admettre la réalité d’existences parallèles, dont la brutale rencontre serait selon lui la cause profonde des grands conflits.

Être contemporain(s) relèverait par conséquent d’une réalité et d’un imaginaire à la fois niés et partagés. Niés parce que la « contemporanéité » suppose l’exclusion, aveugle ou revendiquée, d’une partie de ceux dont nous partageons l’existence sans le savoir ou sans le voir (à l’échelle d’une ville, d’un pays, etc., – d’un espace malgré tout commun) ; partagés dans la mesure où la « non-contemporanéité » n’empêche pas l’interaction et le sentiment d’une appartenance commune (à l’image de celle que postulent les historiens lorsqu’ils parlent d’une « époque » contemporaine, et supposent une forme d’homogénéité des mentalités, le sentiment d’appartenir collectivement à un « moment » donné). Le contemporain se distinguerait ainsi de l’actuel par sa capacité à durer (notamment par le biais de représentations partagées), et à problématiser la présence (au sens d’être au présent). Il caractériserait ce lien, à la fois réel et imaginaire, tissé entre une conscience (individuelle ou collective) et le « moment » présent.

Si le contemporain n’est pas l’actuel, il entretient en revanche des rapports étroits avec l’idée de modernité. À partir du romantisme, comme le rappelle Judith Schlanger, « l’universel littéraire est devenu disparate et l’universel humain historique ». Le chef d’œuvre cesse de n’être « d’aucun temps et d’aucun lieu »[2]. La modernité, comme le laisse entendre Stendhal dans Racine et Shakespeare, suppose l’adéquation de l’œuvre à son époque et à son public. En même temps qu’une exigence de contemporanéité, elle introduit dans le domaine esthétique l’idée de péremption, et invite à s’interroger sur ce qui peut garantir à l’œuvre sa « fraîcheur »[3]. Or, celle-ci ne peut être réduite à son actualité ou sa conformité au « goût du jour ». Pour Judith Schlanger (et Georg Lukács avant elle), elle est au contraire le reflet de « l’existence dyschronique du chef-d’œuvre », « une propriété esthétique qui est aussi une anomalie historique »[4]. Le chef d’œuvre, qui « appartient […] à des dimensions temporelles divergentes »[5], serait donc capable de faire le lien entre ceux qui « ne sont pas présents dans le même temps présent », selon une perception qui ne serait plus classique (un universel), mais contemporaine (une présence paradoxale, supposant que les œuvres « sont actuelles dans le temps de la mémoire »[6]).

Après s’être intéressé à la « mémoire de l’événement » et aux « fictions du futur », le séminaire du CERIEL interrogera ce que signifie le contemporain – être contemporain(s) – et travaillera sur la pluralité des rapports au monde engagés par ce sentiment d’appartenance. Le séminaire de l’année 2018-2019 préparera et accompagnera les colloques de l’EA 1337 sur la littérature contemporaine (« Le roman contemporain », CERIEL/Europe des Lettres ; « Les Écritures du quotidien dans littérature contemporaine », CERIEL/ Interactions Culturelles et Discursives – Université de Tours/ Université de Chicago, USA), mais il prendra néanmoins pour centre de sa réflexion la question de cette « échelle » du contemporain induite par les réflexions d’Ernst Bloch et de Judith Schlanger : échelle géographique et géopolitique (qu’est-ce qui est contemporain, pour qui ?) ; échelle temporelle également (pourquoi une œuvre peut-elle être contemporaine ? Peut-elle le devenir ou l’avoir été ?). En portant sur le temps long (XIXe-XXIe siècles) et sur ce qui peut déterminer le sentiment du contemporain, cette réflexion participe en outre de la volonté d’élaborer une « histoire littéraire intégrée » soucieuse de questionner les frontières et les catégories utilisées pour penser l’histoire de la littérature.

Pistes de réflexion

1/ Le contemporain comme « enjeu critique au sens littéral »  et comme « prosopopée du siècle »[7]

Quels sont les critères permettant d’établir la représentativité ou l’exemplarité du choix opéré par le critique ? Quelle axiologie est véhiculée par ce choix (le contemporain contre « l’actuel », le « périssable » ; les « antimodernes » comme envers du contemporain, mais aussi comme reflet d’une « non-contemporanéité » inhérente au sentiment de modernité) ? Que dit ce choix du rôle voire de la « mission » attribués à l’œuvre littéraire, des conceptions esthétiques en présence ?

2/ Contemporanéité et atemporalité du chef-d’œuvre

Dans quelle mesure une œuvre « classique » peut-elle être « contemporaine » ? La spécificité du chef d’œuvre est-elle alors, comme le  laisse entendre Judith Schlanger, de résorber la « non-contemporanéité » en « paradoxe »[8] ? Cela revient-il à dire que la « contemporanéité » d’une œuvre est tributaire de sa capacité à susciter des « lectures actualisantes »[9] – et qu’elle relève in fine d’une forme d’atemporalité ?

3/ L’instant critique du contemporain

Est-il possible d’être l’historien ou le critique de ses contemporains ? La cartographie d’un espace contemporain peut-il s’effectuer en présence, ou bien faut-il, comme se le demande Sainte-Beuve, « attendre qu’on soit loin de l’édifice […] pour l’admirer ? » [10] Le « présentisme » qui serait, selon François Hartog, le « régime d’historicité » aujourd’hui dominant permet-il une contemporanéité de la littérature et de sa critique, ou n’est-il dans ce domaine qu’un trompe-l’œil, un biais amenant à confondre le concomitant et le contemporain ?

Indications bibliographiques 

Agamben, Giorgio, Qu’est-ce que le contemporain ? [2005], trad. italien Maxime Rovere, Paris, Rivages, 2008.

Bloch, Ernst, « La non-contemporanéité et le devoir de la rendre dialectique » (mai 1932), dans Héritages de ce temps, Pais, Klincksieck, « Critiques de la politique », 2017.

Chotard, Loïc, « Sainte-Beuve au risque du contemporain », Romantisme, 2000, n°109 (Sainte-Beuve ou l'invention de la critique), p. 69-80.

Citton, Yves, Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?, Paris, Éditions Amsterdam, 2007

Hartog, François, Régimes d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Le Seuil, 2003.

Huet-Brichard, Marie-Catherine, Meter Helmut (éds), La polémique contre la modernité. Antimodernes et réactionnaires, Paris, Classiques Garnier, 2011.

Marx, William, Les arrière-gardes au XXe siècle : l'autre face de la modernité esthétique, Paris, P.U.F., 2004.

Ruffel, Lionel (éd.), Qu’est-ce que le contemporain ?, Éditions Cécile Defaut, 2010.

Schlanger, Judith, La Mémoire des œuvres, Verdier, 2008 (1992).

Viart, Dominique, « Histoire littéraire et littérature contemporaine », Tangence n° 102, 2013, p. 113–130.

Viart, Dominique, « Au risque du contemporain. Pour une critique des enjeux », Les Temps Modernes 2013/1 (n° 672), p. 242-253.

 


[1] Ernst Bloch, « La non-contemporanéité et le devoir de la rendre dialectique » (mai 1932), dans Héritages de ce temps, Pais, Klincksieck, « Critiques de la politique »,2017, p. 82.

[2] Judith Schlanger, La Mémoire des œuvres, Verdier, 2008 (1992), p. 127.

[3] Ibid., p. 127.

[4] Ibid., p. 134.

[5] Ibid., p. 132.

[6] Ibid., p. 134.

[7] Loïc Chotard, « Sainte-Beuve au risque du contemporain », Romantisme, 2000, n°109, p. 72.

[8] Judith Schlanger, op. cit., p. 132.

[9] Voir Yves Citton, Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?, Paris, Éditions Amsterdam, 2007, p. 384-404.

[10] Sainte-Beuve, Portraits contemporains, Paris, Michel Lévy, tome I, éd. de 1869, p. 8.

 

Programme du séminaire 2018-2019

1. jeudi 4 octobre, 18h (salle 409/Po) : Conférence inaugurale du professeur Isabelle Naginski (Tufts University, USA):

« Lélia (George Sand) : portrait d’un génie en kaléidoscope » i

Actuellement en séjour à Strasbourg comme Fellow de l'USIAS, Isabelle Naginski est une spécialiste reconnue de George Sand. Conférence organisée à l'initiative de Guy Ducrey (Europe des Lettres), en association avec le CERIEL.

2. Mercredi 10 octobre, 18h (salle 409/Po):  Corinne Grenouillet et Bertrand Marquer

Introduction au séminaire « Être contemporain(s)»

3. jeudi 18 octobre, 18h (salle 409/Po): Conférence de Michel Murat, professeur de littérature française (Sorbonne Université)

« La littérature e(s)t son dehors. A propos du "romanesque des lettres"»

4. jeudi 15 novembre, 18h 15 (salle 412/Po): Conférence de Lionel Ruffel, professeur de littérature générale et comparée (Paris 8 Vincennes Saint-Denis)

« Un livre dangereux. Sur la circulation contemporaine des textes (autour de L’Insurrection qui vient et de l’affaire dite « de Tarnac ») »

Résumé : « This is a dangerous book! », s’inquiétait Glenn Beck sur Fox News lors de la parution aux États-Unis de l’ouvrage du Comité invisible, L’Insurrection qui vient. L’affaire dite de « Tarnac » traversait l’Atlantique alors qu’en France, elle avait agi comme un puissant révélateur des enjeux liés à la circulation contemporaine des textes. Au départ, rien que de très classique : un livre donc, L’Insurrection qui vient. Et un fait-divers criminel : des lignes de train endommagées. Les deux sont liés par des lecteurs (police, justice, monde politique) « bovaryens », qui comme Emma Bovary, ne distinguent plus l’espace fictionnel ouvert par un livre et l’espace de l’action. Le livre devient alors unique pièce à conviction d’un procès médiatique puis d’un procès judiciaire. Problème : ce livre n’a pas d’auteur revendiqué, sinon un collectif invisible et imaginaire. C’est toute la structure moderne du littéraire, celle que le contemporain met en crise, qui se trouve ici convoquée. Qu’est-ce qu’un livre ? Qu’est-ce qu’un livre sans auteur ? Sans visibilité ? Sans droit de propriété ? Quels usages doit-on en faire ? Un livre peut-il être une pièce à conviction ? Quelles en sont les frontières ? Car la structure moderne du littéraire n’est rien moins que la structure moderne de la propriété, ou pour le dire autrement la raison d’être du capitalisme. Telles sont les véritables questions de l’affaire dite « de Tarnac ». Et telles sont les questions littéraires fondamentales qui se posent à nouveau en ouverture de ce millénaire. C’est à leur déploiement, de Kant à Fox News, en passant par Tiqqun que cette communication souhaite se consacrer.

5. mardi 29 janvier, 18h (salle 409/Po): Conférence de Pierre Glaudes professeur de littérature française (Sorbonne Université) :

Autour de Léon Bloy, écrivain antimoderne

6. jeudi 7 Mars , 18h (salle 409/Po): Conférence de Raphaël Szöllösy, doctorant en études cinématographiques (Unistra):

« Réfléchir le contemporain avec le philosophe Ernst Bloch: l’exemple du cinéma ».

 

Autour des Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir (1958)


Vendredi 28 septembre

salle 4209 – Patio Bâtiment V – 4e étage


Journée d'étude ouverte à tous

 

 

14 h - Carine Trevisan, professeur à l’Université de Paris Diderot et membre du CERILAC : « Autopsie d’une enfance, figures de la poupée ».

14 h 45 - Corinne Grenouillet, maîtresse de conférences Université de Strasbourg et membre du CERIEL : « La jeune fille : une lecture des Mémoires d’une jeune fille rangée à la lumière du Deuxième sexe ».

16 h 15 - Jean-Louis Jeannelle, professeur à l'Université de Rouen et membre du CEREdI : « Beauvoir ou La fin du mélodrame ».

17 h 00 - Hélène Baty-Delalande, maîtresse de conférences à l’Université de Rennes 2 et membre du CERILAC : «  Le romanesque dans Les Mémoires d’une jeune fille rangée ».

Organisation :  corinne.grenouillet@unistra.fr

Les écritures contemporaines du quotidien : une cartographie (juin 2019)

Les écritures contemporaines du quotidien : une cartographie

 

Colloque organisé par Corinne Grenouillet (Université de Strasbourg, EA 1337, CERIEL-Configurations littéraires), Maryline Heck (Université de Tours, EA 6297, Interactions Culturelles et Discursives) et Alison James (Université de Chicago, USA).

Dates:

  • 6-7 juin 2019 (Université de Strasbourg)
  • 13–14 juin 2019 (Paris, University of Chicago Paris Center)

Le champ littéraire contemporain offre une palette variée et contrastée d’œuvres traitant du quotidien. La thématique touche tous les genres littéraires et donne lieu à de nouvelles formes d’écriture, se déclinant selon une variété d’aspects. Ce colloque international, organisé en deux volets, a l’ambition de rendre compte de la diversité de ces textes, d’en dessiner la cartographie, et de définir leur place dans le paysage littéraire de notre époque.

Si le quotidien est, selon Maurice Blanchot, « ce qu’il y a de plus difficile à découvrir[1] », la difficulté est tout d’abord existentielle : nous avons souvent du mal à voir ce qui est juste sous nos yeux. Mais elle est aussi théorique : comment différencier le quotidien d’autres notions voisines, telles le banal, l’ordinaire, l’habituel ou l’insignifiant ? Pour les écrivains, cette difficulté concerne également la mise en œuvre de formes narratives et descriptives : « Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour [ …], comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ?[2] » (Georges Perec).

Dans son ouvrage Everyday Life (Oxford University Press, 2006)[3], Michael Sheringham retrace la genèse de la notion de quotidien et des pratiques d’écriture que celui-ci suscite, depuis la période des avant-gardes (surréalistes) jusqu’à Georges Perec, en passant par les écrits décisifs de Henri Lefebvre, qui offrent la première conceptualisation de la notion dans l’immédiat après-guerre. Si celle-ci naît ainsi, sur le plan théorique, dans la pensée française au XXe siècle, plus précisément entre 1945 et 1980[4], son essor en littérature se fait seulement après 1980 : jusqu’à cette date, seuls les écrits de Georges Perec sur l’« infra-ordinaire » marquent la production littéraire des années 1970. S’arrêtant au seuil du XXIe siècle, Michael Sheringham finit son livre en notant que la période contemporaine est marquée par la « dissémination » et la « diversification » des écritures du quotidien. Cependant il semble que le tournant du siècle a non seulement vu ce phénomène s’accroître encore, mais a surtout permis l’émergence de nouveaux enjeux esthétiques, politiques, et sociaux, tandis que de nombreux créateurs/écrivains contestent les frontières établies entre la littérature et les formes qui lui seraient extérieures, qu’il s’agisse des discours du savoir académique ou des formes de la représentation artistique. Les ouvrages les plus récemment parus témoignent à la fois de l’insistance de la thématique, et de la variété de ses mises en œuvre : écritures « infra-ordinaires » dans la lignée d’un Georges Perec (Annie Ernaux, Nathalie Quintane), voyages de proximité, explorations urbaines mais aussi parfois rurales (Philippe Vasset, Joy Sorman, Thomas Clerc, Jean Rolin, Marc Augé, François Maspéro), écritures documentaires ou fictionnelles à visée sociale ou politique (qu’elles décrivent le quotidien du travail ou celui des vies en marges)… Généralement marquées par une importante hybridité, ces écritures représentent une tendance marquante de la littérature d’aujourd’hui ; ce colloque s’attachera aussi à penser la manière dont elles s’inscrivent dans les mutations actuelles de la littérature, de ses objets de prédilection et de ses modes de représentation comme de ses rapports à d’autres discours (histoire, sociologie…) et à d’autres formes artistiques.

Le colloque portera sur les littératures d’expression française, sans exclusion de genres. Il s’agira d’étudier des œuvres qui interrogent spécifiquement le quotidien, et non la catégorie générale des « écritures ordinaires »[5]. On s’attachera prioritairement aux œuvres parues depuis 2000, mais les propositions concernant des œuvres parues à partir de 1980, date généralement retenue dès lors qu’il s’agit de délimiter le seuil du contemporain, seront également bienvenues. Les contributions à dimension généalogique, qui s’attachent à resituer les pratiques contemporaines dans l’histoire des écritures du quotidien, seront elles aussi appréciées. Il importe que les propositions témoignent d’un souci notionnel et s’attachent à chaque fois à définir les aspects du quotidien mis en jeu.

Les propositions de communications sont à envoyer pour le 14 septembre 2018 au plus tard, aux trois adresses suivantes :

corinne.grenouillet@unistra.fr

maryline.heck@univ-tours.fr

asj@uchicago.edu


Elles devront comporter un titre et un résumé de 300 mots environ.

Date de réponse du comité organisateur : 5 novembre 2018.

 

 

 


[1] Maurice Blanchot, « La parole quotidienne », L’Entretien infini (Gallimard, 1969), p. 355.

[2] Georges Perec, L’Infra-ordinaire (Seuil, coll. La Librairie du XXe siècle, 1989), p. 11.

[3] Traduit en français par Maryline Heck et Jeanne-Marie Hostiou sous le titre Traversées du quotidien. Des surréalistes aux postmodernes (PUF, 2013).

[4] Le premier tome de la Critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre paraît en 1947. L’année 1980 est marquée par la première parution de L’Invention du quotidien de Michel de Certeau.

[5] Voir Daniel Fabre, Écritures ordinaires, P.O.L, 1993.