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CERIEL

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Vous y trouverez traces des activités du CERIEL en 2016-2017, 2015-2016 et bien avant.

Journée doctorale (20-21 avril 2018) : Littérature(s) et culture(s) du/des Sud(s) : Nouvelles perspectives

Organisée par : Rocío Munguía Aguilar et Laude Ngadi Maïssa

Lieu : Université de Lorraine, Metz (Ile du Saulcy)

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Le centre de recherche « Écritures » (EA 3943) de l’Université de Lorraine, le « Centre d’Études sur les Représentations : Idées, esthétique, Littérature » (EA 1337, « Configurations littéraires ») de l’Université de Strasbourg et l’unité mixte « Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité » (THALIM, UMR 7172) de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 organisent une journée doctorale consacrée aux recherches dans le domaine des Littératures et des cultures des Suds (Caraïbes, Maghreb, Afrique subsaharienne, Océan Indien…).

Disciplines concernées : lettres et sciences humaines. Toutefois, cette journée étant associée à un séminaire doctoral consacré à l’interculturalité, organisé par l’ED Fernand Braudel à Metz le lendemain 21 avril, cette dimension intéressera particulièrement les organisateurs.

Cette journée a pour objectif de permettre aux doctorants en fin de thèse et aux jeunes docteurs de présenter des résultats de recherche inédits. Le comité privilégiera les travaux innovants. Possibilité de publication ultérieure sur proposition du comité scientifique.

Les propositions de communications (20 minutes max.) – comprenant le titre de la thèse, le nom du/des directeur(s) de recherche, l’/les universités d’appartenance, la date de la première inscription doctorale et, le cas échéant, de la soutenance, un résumé de 300 mots (hors bibliographie) – sont à adresser avant le 30 novembre 2017 aux deux adresses suivantes : laudengadi@gmail.com ; rocio.munguia.a@gmail.com

L’hébergement et les repas sont pris en charge par les équipes organisatrices.

Comité scientifique

Xavier Garnier (Professeur, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)

Pierre Halen (Professeur, Université de Lorraine)

Anthony Mangeon (Professeur, Université de Strasbourg)

Dominique Ranaivoson (Maître de Conférences HDR, Université de Lorraine)

 

 

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Fictions du futur : séminaire 2016-2018

Après deux années consacrées à l’événement (« Créer l’événement : le savoir historique de la littérature », 2014-2015 ; « Mémoires de l’événement », 2015-2016), dont les conférences donneront bientôt lieu à une publication collective, le CERIEL poursuit son travail sur les « Fictions du futur », et plus particulièrement du XIXe au XXIe siècles. Il s’agit notamment de voir comment les représentations ou les projections utopiques ou dystopiques ont suscité une abondante production littéraire, cinématographique, artistique, et d’apprécier également comment les pratiques contemporaines reprennent et renouvellent certaines formes ou certains genres, comme la science-fiction, pour mieux interroger notre présent à partir d’hypothétiques futurs.

Qu’elle soit en effet littéraire ou cinématographique, la fiction met en scène un univers qui est rarement sans rapport avec le réel du lecteur, y compris pour des genres distanciés tels que la science-fiction. Ce constat nous renvoie de fait à une conception fonctionnaliste de la littérature, soulignée par Thomas Pavel lorsque ce dernier rappelle que « Les œuvres littéraires ne sont pas mises à distance simplement pour le bénéfice de la contemplation, mais afin qu’elles agissent avec force sur le monde du spectateur » (Les Univers de la fiction, Seuil, 1988, p. 183). Autrement dit, les « mondes possibles » de la fiction peuvent avoir pour effet – sinon même pour objet, dans le cas de la science-fiction – de « défamiliariser et de restructurer l’expérience que nous avons de notre présent, et ce, sur un mode spécifique, distinct de tout autre forme de défamiliarisation » selon le critique américain Fredric Jameson (Archéologies du futur. Tome 2 : Penser avec la science-fiction, Max Milo, 2008, p. 16). Héritière moderne de l’utopie, la science-fiction tendrait ainsi à montrer tout à la fois les manques dans notre réel, et l’incapacité que nous avons à produire de nouveaux imaginaires utopiques visant à le transformer.

Ainsi les travaux de ce programme, élaborés à partir d’un corpus de « fictions du futur » qui ne se limiteront pas aux seules œuvres de science-fiction ou d’anticipation, viseront à étudier notamment :

-       l’écart ou la distance entre la fiction et le réel, ainsi que les valeurs et visées – esthétiques, axiologiques, ... - de ces écarts et le « fonctionnement » de ces fictions ;

-       l’intertextualité et l’intermédialité des fictions considérées ;

-       leur réception ;

-       la reprise des codes esthétiques et narratifs de la science-fiction ou de l’anticipation par des auteurs contemporains de littérature « générale » comme Tristan Garcia, Michel Houellebecq, Nancy Huston, Doris Lessing…

Ces « fictions du futur » seront l’occasion de mettre en dialogue les divers domaines de spécialité des membres du CERIEL (littérature française des XIXe, XXe et XXIe siècles, littérature comparée, littérature de jeunesse, littératures francophones), et d’ouvrir des collaborations nouvelles avec des membres de l’EA rattachés ou CELAR ou à L’Europe des Lettres.

Programme des séances du séminaire

Sauf indication contraire, les séances ont lieu à la Faculté des Lettres, 14 rue René Descartes (Strasbourg), Bâtiment Le Portique, côté rue, 4e étage.

Jeudi 18 janvier 2018 (18 h, au Portique, salle 409) : « L'Afrique au futur dans les littératures françaises, africaines et (afro-)américaines » et « Autour des Afronautes ». Atelier organisé par Anthony Mangeon (UdS), avec Ninon Chavoz (Université de la Sorbonne nouvelle, Paris III). (Voir toutes les informations ici)

Jeudi 22 février (18h, au Portique, salle 409): « Avatars du futur dans L’Eve future de Villiers de l’Isle-Adam ». Conférence de  Morgan-Alexander Remy (CERIEL).

Outre la mise en oeuvre d’une fantaisie technologique par laquelle L’Eve future confine à première vue au récit d’anticipation et à la science fiction, l’Andréide d’Edison, ingénieur de génie, cristallise une réflexion complexe et profonde sur le futur, étrangement peu mise en évidence. Fétiche idéal qui fait l’objet d’une poétique du retardement et du détour (se manifestant notamment par la longue élucidation inaugurale de ses rouages et ressorts artificiels), l’Eve doublement mise au futur (dramatiquement et symboliquement) résulterait d'emblée, à l’aune d’un titre assez évocateur, d’une conciliation salvatrice du mythe des origines et d’un rêve visionnaire. Salvatrice, car elle vise a priori à raviver l’espérance de Lord Ewald, ami idéaliste d’Edison, dont la déception sentimentale ne saurait être conjurée que par la création d’un amour de substitution. Mais l’automate immortelle révèle également l’ambivalence fondatrice du futur en le chargeant d’une double angoisse : d’un côté, la crainte que la machine ne se borne à une prévisibilité vertigineuse, et par là, ne fasse que redoubler la médiocrité d’une « Postérité » bourgeoise, dont Villiers ne manque pas de dresser la satire en la personne d’Alicia Clary ; et de l’autre, parallèlement, "à rebours" d’un progrès scientifique immanent, la préparation sourde d’un mystère mâtiné de spiritisme et de fatalité métaphysique.

Morgan-Alexander prépare sa thèse sous la direction de Bertrand Marquer (CERIEL). Ses recherches portent sur les métamorphoses du sublime corporel dans la littérature de la seconde moitié du XIXe siècle. 

Mercredi 21 mars 2018 : « Les Fictions du futur dans la littérature française contemporaine. 1 ». Invitation de l'écrivain et philosophe Tristan Garcia, auteur de 7 (prix Inter 2016, lire la critique de Télérama) et de Mémoires de la jungle (2010)

Jeudi 24 mai 2018 (nouvelle date), 17 h (nouvel horaire) au Portique : « Les Fictions du futur dans la littérature française contemporaine. 2 ». Atelier organisé par Corinne Grenouillet et Philippe Clermont.

Animé par Philippe Clermont (ESPE) et Corinne Grenouillet (Faculté des Lettres), cet atelier présentera quelques romans d’aujourd'hui mettant en œuvre une réflexion sur le futur sans pour autant relever de la littérature de genre. Deux questions seront posées :

Dans quelle mesure les auteurs de littérature générale utilisent-ils des procédés de la littérature de science-fiction ?

Dans quelle mesure le fait de placer dans l’avenir proche une fiction politique permet-elle de réfléchir sur la société contemporaine ?

Les textes sur lesquels portera la séance sont : Pierre Assouline, Golem (2016) ; Antoine Bello, Ada (2016) ;Chloé Delaume, Les Sorcières de la République (2016) ; Tristan Garcia, 7, romans (2015) ; Michel Houellebecq, Soumission (2015) ; Nancy Huston, Le Club des miracles relatifs (2016) ; Jean-Christophe Ruffin, Globalia (2004).

Séminaire Fictions du futur. L’Afrique au futur – atelier animé par Anthony Mangeon et Ninon Chavoz

Jeudi 18 janvier 2018, 18h, Portique 412

 

Anthony Mangeon est professeur de littératures francophones à l’université de Strasbourg, et directeur de l’équipe d’accueil « Configurations littéraires ».

Ninon Chavoz est ancienne élève de l’école normale supérieure ; agrégée de lettres modernes, elle est actuellement doctorante contractuelle à l’université de la Sorbonne-Nouvelle. Sa thèse, sous la direction du professeur Xavier Garnier, porte sur La Tentation encyclopédique dans les littératures francophones africaines : des documentations coloniales au glossaire contemporain.

 

Premier temps : présentation du projet de recherche mené par Anthony Mangeon au sein de l’USIAS (Institut d’études avancées de l’université de Strasbourg), 2017-2019

Les croissances démographiques et économiques de nombreux pays africains sont aujourd’hui spectaculaires, dans un continent qui abritera bientôt un quart de la population active mondiale. La question des “futurs africains” est par conséquent un enjeu majeur, sur les plans géopolitiques et économiques, et qui est discuté en tant que tel par une très grande variété de discours. Économistes, historiens, philosophes, romanciers et artistes ont ainsi développé des manières innovantes d’imaginer, mettre en scène et raconter les futurs de l’Afrique, qui donnent lieu à autant d’utopies que de dystopies, selon qu’on privilégie un point de vue afro-optimiste ou afro-pessimiste.

Ces différents discours partagent souvent des images, des figures de pensée, des modalités narratives ou argumentatives qu’une analyse rhétorique ou narratologique peut mettre au jour pour dévoiler leurs communes hypothèses et manières de penser ou d’imaginer. Ce projet de recherche vise donc à explorer les nombreux chevauchements entre économie et littérature, prospective et fiction, histoire contrefactuelle et narration romanesque sur la question des futurs de l’Afrique.

Liens :

Lionel Zinsou, “Une vision optimiste de l’Afrique”, conférence à l’Ecole Normale Supérieure (Paris), 28 avril 2010

Alioune Sall, « Quels futurs possibles pour l’Afrique au Sud du Sahara ? »

Eventuellement :

Pumzi de Wanuri Kahiu (2009)

Sylvestre Amoussou, Africa Paradis (2007)

Second temps : présentation par Ninon Chavoz : « L’homme au casque de verre : perspectives de l’afronaute »

Qu’est-ce qu’un afronaute ? Le néologisme ne manquera pas d’évoquer le souvenir de nomenclatures déjà connues – astronautes, cosmonautes, spationautes, taïkonautes, partis successivement à la conquête de l’espace. L’afronaute, conçu comme un voyageur spatial africain et noir, demeure quant à lui une fiction, aussi irréalisée aujourd’hui que dans les années 1960, à l’époque où Edward Makuka Nkoloso entendait envoyer sur Mars une équipe d’afronautes zambiens. Circulant de textes en peintures, de photographies en films et en clips publicitaires, l’afronaute n’en présente pas moins une forme d’ubiquité qui fait de lui un figurant récurrent dans les représentations afrofuturistes contemporaines : à ce titre, il inspire des créateurs issus du continent africain aussi bien que des artistes européens comme la photographe espagnole Cristina de Middel. Porté par une mode qui va en se densifiant depuis les années 2000, l’afronaute oscille dès lors entre le simple motif, fondé sur un jeu de contraste entre primitivisme et technologie, et l’accession au rôle de figure historique, artistique et littéraire.

 Liens :

« Judgment Day! » de Joe Orlando et Al Feldstein, « Weird Fantasy », EC Comics, 1953

L’afronaute historique, Edward Makuka Nkoloso

Le film de Cristina de Middel, The Afronauts

Eventuellement :

Vabvakure de Gerald Machona

   

Séminaire "Edere et audire" (CERIEL, Europe des Lettres, CARRA)

Johann Goeken, Bertrand Marquer, Enrica Zanin

                                                                              Pour voir le programme, cliquez ici

      La coutume d’écouter une histoire au cours d’un repas remonte à l’Antiquité. L’Odyssée, conçue elle-même vraisemblablement pour un public de convives, consiste en grande partie dans le récit que fait Ulysse de ses aventures à destination des convives d’Alcinoos (pour lesquels, du reste, l’aède Démodocos raconte aussi les amours burlesques d’Arès et d’Aphrodite). La poésie lyrique grecque d’époque archaïque et, de manière plus générale, la littérature de banquet dans son ensemble (Platon, Xénophon, Plutarque, Pétrone, Athénée, etc.), fournit des indications sur les pratiques narratives qui sont attestées à table ou, le plus souvent, après le repas proprement dit et qui sont recommandées pour des raisons sociologiques (tisser ou resserrer des liens d’amitié), politiques (créer des réseaux), philosophiques (s’instruire, progresser vers la sagesse), voire hygiéniques (détendre les âmes pendant la digestion et avant le sommeil). Érasme se réfère à cette pratique quand, dans son Convivium fabulosum, un des personnages, chargé du rôle de conteur, déclare qu’il est plus facile et profitable d’écouter et manger simultanément (« edere et audire ») que de parler et de manger[1]. Dans son ouvrage sur la Renaissance, Michel Jeanneret a analysé la fortune de la formule, en mettant en perspective les fonctions de ce procédé narratif[2]. Ce dernier perdure au moins jusqu’au XIXe siècle, où le dispositif de la narration d’après repas constitue le point de départ de nombreux contes ou nouvelles.

     Le séminaire se propose d’étudier, dans une perspective diachronique et comparatiste, les procédés littéraires et les enjeux narratifs que suppose l’évocation de repas fictifs, en interrogeant le lien entre les deux types d’oralité mobilisés. Le rapport établi entre les « mets » et les « mots » peut en effet prendre la forme d’une convergence ou d’une divergence de la « langue qui goûte » et de la « bouche qui parle »[3], voire bouleverser la hiérarchie des sens, en sollicitant ce que Théophile Gautier nommait « l’ouïe du ventre »[4]

     Héritiers d’une tradition philosophique, les propos de table trahissent de même cette proximité entre travail d’absorption (des aliments) et travail d’assimilation (des discours), mais ils s’inscrivent aussi dans une relation d’échange dont les conventions évoluent en fonction des conceptions de la mondanité ou de la civilité. Le contenu des « conversations plaisantes » (« piacevoli motti »[5]) peut constituer dans ce cadre un objet d’analyse significatif des normes sociales en vigueur et des codes littéraires utilisés pour les dire.

     En interrogeant les modalités de la sociabilité mise en œuvre, ce séminaire aura donc également pour objectifs de réfléchir aux « genres » que le précepte d’Érasme permet de regrouper, et de comparer leur évolution. Banquets philosophiques ou républicains, toasts académiques ou poétiques, propos ou histoires de table (voire pour la table, comme les Intercenales de Leon Battista Alberti), traités, manuels, récits ou dialogues : quelles formes et quelles rhétoriques traversent l’histoire de cette écoute particulière, qui semble redonner au goût pour la parole entendue sa dimension la plus physiologique ?

 


[1] « Eh bien, vous êtes capables, je ne dirais pas d’avaler et de parler, chose difficile selon Plaute, mais de manger et d’écouter simultanément, chose très facile, je commencerai sous de bons auspices ma charge de conteur » (Érasme, Cinq banquets (Convivia), texte latin et trad. française par J. Chomarat, D. Ménager, Paris, Vrin, 1981, p. 116-117).

[2] Voir en particulier la sous-partie « Raconter en mangeant », Des mets et des mots. Banquets et propos de table à la Renaissance, Paris, José Corti, 1987, p. 107 sq.

[3] Michel Erman, « La langue qui goûte et la bouche qui parle », dans Le Goût dans tous ses états (M. Erman éd.), Peter Lang, 2009, p. 57-68.

[4] Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, op. cit., p. 325.

[5] Giovanni Boccaccio, « Introduzione », Decameron (Vittore Branca éd.), Torino, Einaudi Editore, 1980, p. 46.

 

Deux écrivains invités par le CERIEL et la Faculté des Lettres en 2018

Le mercredi 21 mars 2018  dans le cadre de son séminaire « Les Fictions du futur » (voir ci-après), le CERIEL a reçu  l'écrivain et philosophe Tristan Garcia, auteur de 7 (prix Inter 2016, lire la critique de Télérama) et de Mémoires de la jungle (2010) - 18 h, salle 409

Photo de Tristan Garcia, prise par T. Samson, AFP, 2016

Photo T. Samson, AFP

 

Le jeudi 5 avril 2018 (18 h-20h), les étudiants de la Faculté des Lettres et le CERIEL ont rencontré Lydie Salvayre, auteur de Pas pleurer (Prix Goncourt 2014). Lire l'entretien de Lydie Salvayre avec les étudiants de la faculté des lettres.

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« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es » : fictions identitaires, fictions alimentaires, colloque 8-10 novembre 2017 (salle Ourisson) - PROGRAMME

L'EA 1337 "Configurations littéraires" organise, avec le soutien de l'Institut Universitaire de France, un colloque international sur les "fictions alimentaires" et la manière dont elles peuvent déterminer une représentation identitaire.
Envisagée par le prisme de l’alimentation, l'identité telle qu'elle sera abordée dans ce colloque mobilise un vaste ensemble de représentations culturelles, elles-mêmes ancrées dans une histoire (partagée ou refusée) et dans une idéologie (implicite ou revendiquée). Savoir qui l’on est par le biais de ce que l’on consomme pose moins la question du rapport à soi (ce que j’aime, les goûts qui me définissent) que celle du rapport à l’Autre, tant il est vrai que l’incorporation constitue une expérience fondamentale de l’altérité, dont l’issue (rejet ou reconnaissance) dépasse le simple critère du penchant naturel. La relation que suppose cette incorporation témoigne en outre du poids de l’imaginaire dans l’élaboration du goût, l’aliment se trouvant investi de vertus magiques, positives ou négatives, et d’un ensemble de représentations dont l’évolution de la diététique ne rend que partiellement compte.
Étudiés de longue date par l’anthropologie historique, ces phénomènes parcourent également la littérature, sensible aux discours normatifs sur la nutrition mais aussi et surtout à la part d’imaginaire sollicitée par l’incorporation alimentaire. C’est cette mise en œuvre que le présent colloque souhaite constituer en objet d’étude littéraire, en analysant les implications et conséquences du célèbre aphorisme de Brillat-Savarin, et en explorant les fictions auxquelles il a pu fournir un principe de composition.
Quelle est par exemple la place que l’œuvre littéraire accorde à l’alimentation dans la légitimation de déterminismes sociaux, sexuels ou raciaux ? Que disent les choix alimentaires des croyances représentées ? Dans quelle mesure participent-ils de la construction du personnage et de la mise en place d’une axiologie, voire d’une imagologie littéraire ?  Telles sont les questions auxquelles ce colloque tentera d'apporter des éléments de réponse.

PROGRAMME

Salle Ourisson (Insitut Le Bel)

Téléchargez le programme ici

Appel à communication

MERCREDI 8 NOVEMBRE

13h30 : ouverture du colloque

Session 1 : Identité alimentaire et identité culturelle

Président de séance : Éléonore Reverzy (Paris 3)

14.00 : Geneviève Sicotte (U. Concordia, Montréal) : « Traces, rémanences et réinventions. Les gastronomies des Premières Nations dans la littérature au Québec »

14.30 : Flavia Bujor (Rennes 2), « Nourriture, corps national et assimilation : (dé) faire le genre, la "race", la classe en mangeant »

15.00 : Yves-Michel Ergal (Strasbourg), « Autour du livre de cuisine d’Alice B. Toklas »

Discussion – Pause

Président de séance : Anthony Mangeon (Strasbourg)

16.00 : Tina Harpin (U. de Guyane), « Exil, perte et réinventions de soi : Simone Schwarz-Bart, Suzanne Dracius, Maryse Condé »

16.30 : Vanessa Massoni da Rocha (UFF, Rio de Janeiro) : « Du fond des casseroles à la table : l’identité créole, le banquet mémoriel et les fictions alimentaires dans la littérature caribéenne »

17.00 : Elizabeth Collins (UCLA), « Manger pour se masquer : Les choix alimentaires dans la littérature postcoloniale francophone »

Discussion

 

JEUDI 9 NOVEMBRE

Session 2 : Choix alimentaires et fables auctoriales

Président de séance : Hugues Marchal (Bâle)

9.00 : Priya Wadhera (U. d’Adelphi, New-York), « Un passage anti-madeleine : le refus du goût et du souvenir chez Perec »

9.30 : Laurent Camerini (Paris 3), « Fictions alimentaires chez Maryline Desbiolles : là où l’écrit mijote un entre-deux »

10.00 : Agathe Torti-Alcayaga (Paris 13), « Edward Bond : le pain et la raison »

Discussion – Pause

Président de séance : Christine Ott (Francfort)

11.00 : Céline Largier-Vié, (Paris 3), « Dis-moi ce que tu ne manges pas, je te dirai qui tu es : anorexie et construction identitaire dans la littérature française contemporaine »

11.30 : Édouard Marsoin (Paris Descartes), « Bartleby : le scribe de la faim »

Discussion et pause-déjeuner

Session 3 : Alimentation et sémiologie du personnage

Président de séance : Bertrand Marquer (Strasbourg)

14.00 : Muriel Ott (Strasbourg), « Quand grossir fait grandir et rend plus fort : métamorphose du héros dans la Chevalerie Ogier »

14.30 : Raphaëlle Décloître (U. McGill et Grenoble), « L’étrange appétit des personnifications de René d’Anjou »

Discussion - Pause

Président de séance : Muriel Ott (Strasbourg)

15.30 : Éléonore Reverzy (Paris 3), « Pour une sémiologie alimentaire : Zola après Flaubert »

16.00 : Juliette Benamron (Strasbourg), « Les personnages juifs ou le fantasme de la dévoration : ils "Gobent sec" ? »

16.30 : Francine Gerhard et Marie Lammert (Strasbourg), « Identités sociale et individuelle dans Les Rougon-Macquart par le prisme des verbes de manducation : une étude outillée »

Discussion

 

VENDREDI 10 NOVEMBRE

Session 4 : Fictions identitaires et géopolitiques culinaires

Président de séance : Louis Forestier (Paris 4)

9.00 : Guy Ducrey (Strasbourg), « Patapoufs et Filifers d’André Maurois et Jean Bruller (1930) de la géopolitique à l’anthropologie »

9.30 : Alexia Gassin (Strasbourg), « La cuisine géopolitique et identitaire de Wladimir Kaminer »

10.00 : Magali Kabous (Lyon 2), « Cuisine et dépendance. La "castronomie" en temps de guerre froide »

Discussion – Pause

Session 5 : Identité alimentaire et identité sexuelle

Président de séance : Geneviève Sicotte (Concordia)

11.00 : Yves Gagneux (Maison de Balzac), « Regard sur les femmes à table, ou de l’appétit des anges »

11.30 : Anne-Isabelle François (Paris 3), « Des corps qui cuisinent et des corps cuisinés : ingestion, normes et enjeux genrés »

Discussion et pause-déjeuner

Session 6 : Choix alimentaires et identités sociales

Président de séance : Guy Ducrey (Strasbourg)

13.30 : Christian Denker (Dijon), « Réflexions autour du slogan “der Mensch ist was er isst” (Feuerbach) »

14.00 : Christine Ott (Francfort) : « Pourquoi nous ne sommes pas ce que nous mangeons. Contre l’essentialisme en cuisine »

14.30 : Frédérique Desbuissons (U. Reims Champagne-Ardenne / HiCSA), « Une table à soi : l’identité alimentaire de la bohème »

Discussion - Pause

Président de séance : Bertrand Marquer (Strasbourg)

15.30 : Guillaume Gomot (Mulhouse), « Les nourritures tragiques du Parain 3 »

16.00 : Catherine Botterel (Paris), « Le motif du déjeuner sur l’herbe dans Germinie Lacerteux (1865) et Une partie de campagne (1881) : du rite social à la scène romanesque »

Discussion

17.30 : « Quand l’appétit va, tout va ». Autour de Physiologie du goût de Brillat-Savarin. Spectacle proposé par la compagnie « L’Armoise Commune ». Salle d’Évolution (Le Portique, rez–de chaussée)

Allégories de l'estomac - ventriloquies (journée d'études, 19 octobre 2017, salle 409, Le Portique)

Téléchargez le programme

     Cette journée constitue le second et dernier volet d’une réflexion entreprise sur la valence métaphorique de l’estomac. Consacré à « Messer Gaster », le premier volet de cette réflexion a fait apparaître l’importance de la tradition de la personnification de l’estomac, mais aussi son ambivalence axiologique, signe de la «plasticité argumentative» des métaphores de l’organisme (J. Schlanger, 1971). Les discours auxquels l’Estomac fournit une incarnation peuvent en effet relever de la fable philosophique ou politique, servir la satire ou promouvoir à l’inverse un modèle ancré dans la physiologie (la gastrosophie de Fourier, les métaphores de la rumination et de la digestion pour dire le travail de la pensée). Cette « plasticité argumentative » a en outre pour corollaire une forme de labilité référentielle qui brouille la représentation anatomique sur laquelle s’appuie pourtant le fonctionnement allégorique. Celui-ci repose donc bien souvent sur un glissement métonymique associant l’estomac et l’épigastre, l’estomac et le ventre, voire l’estomac et le cerveau.

     L’estomac personnifie en effet davantage un processus (la nutrition et ses métamorphoses) qu’il ne renvoie à une réalité anatomique clairement localisée. À la fois incarné et diffus, concret et métaphorique, l’estomac apparaît donc, au sein des « totalités organiques », comme une figure privilégiée du déplacement et de la transformation – un trope dont il est possible de cartographier les écarts au sein d’une anatomie imaginaire.

     C’est à ce projet que cette journée d’études souhaiterait contribuer, en élargissant l’étude des virtualités allégoriques de l’estomac aux discours du ventre : des discours qui laissent entendre une voix physiologique, et en font le support de l’incarnation d’une pensée.

Transmédialité du conte, colloque organisé par D. Henky et P. Clermont, 19 et 20 octobre 2017

Jeudi 19 octobre 2017

Héroïnes mythiques de contes

et leurs métamorphoses médiatiques contemporaines

Président de séance : Philippe Clermont

9h 30 : La Belle et la Bête de Cocteau ou comment donner corps à son rêve ?

Isabelle Lebrat / Université de Strasbourg

10h 05 : Peau d’âne de Charles Perrault à Jacques Demy : mises en récit polyphoniques d’un conte merveilleux 

Danièle Henky / Université de Strasbourg

11 h : Les contes dans l’objectif de Sarah Moon : entre image et contage

Christiane Connan-Pintado / Université de Bordeaux

11h 35 : La transposition audiovisuelle du conte : de l’héritage  au contenu de marque

Pascale Hellegouarch et Sylvie Fabre / Université Paris 13 et Université d’Artois

                     

Mises en scène médiatiques au conte traditionnel :

Apports technologiques et sémantiques

Présidente de séance : Pascale Hellegouarch

14 h 00 : Into The Woods : La fabrique transmédiatique ou l’agrégation de contes en film

Bochra Charnay / Université de Lille et d’Artois

14 h 35 : Fabula Rasa : Le conte philosophique comme réactivation écranique de fragments sans lecteurs

Rosanna Gangemi / Université de Liège

15h 15 : Transmédialité du narrateur de conte merveilleux

Baray Adina / Université de Bordeaux

16h 10 : Dualités des réécritures transmédiatiques des contes : entre merveilleux et policier

Victoria Lagrange / Université de Poitiers   

16h 45 : Au fil du chemin : les transpositions du conte du Petit poucet dans la filmographie de Jean-Pierre Jeunet

Vanessa Loubet / Université de Pau

 

 Vendredi 20 octobre 2017

 

Médiations contemporaines :

Renouveler l’esthétique du conte

Présidente de séance : Christiane Connan-Pintado

8h 45 : Importance et métamorphose du conte dans le cartoon américain à l’ère des studios

Moreau Timothée / Université de Liège

9h 20 : L’art de Tex Avery dans Red hot riding Hood, entre le rire et le tragique

Congminh Vu / Université de Caen

9h 55 : Calvino game designer : pour une réécriture vidéoludique du conte philosophique Le Baron perché

Martin Ringot / Université d’Aix Marseille CAER

10h 45 : The Visit de Night Shyamalan : une réécriture de conte(s) horrifique ?

Florence Casulli /Université d’Angers

11h 20 : Réécritures des contes sous forme de Ciné-Spectacles, vers des contrées narratives nouvelles…

Pepin Jeannelise / Université de Bordeaux

11h 55 : Les Trois Brigands et Jean de la Lune, de l’album jeunesse à l’écran pour tous :
une initiation intermédiatique à l’univers d’Ungerer

Julie Gallego / Université de Pau


Adaptations contiques actuelles au service de l’initiation

Présidente de séance : Danièle Henky

13h 30 : Réécritures cinématographiques des Aventures de Pinocchio en Espagne. La fable de la vie humaine: Mensonges et vérités.

Elvira Luengo / Universidad de Zaragoza

14h 05 : L’interdit de minuit de Cendrillon de Perrault à Cinderella de Disney (1922, 1950, 1997)

Pierre Emmanuel Moog / Enseignant à l’EHESS Paris

15 h   : « La Jeune Fille sans Mains de Sébastien Laudenbach (2006) : un double récit initiatique. »

Hermeline Pernoud / Docteure de l’Université de Paris 3

15 h 35 : La place de l’enfance dans les adaptations opératiques de contes en France dans le premier XXe siècle : l’exemple de Dukas, Massenet, Schmitt et Aubert.

Leo Sanlaville /Université de Tours

16h 10 à 16h 30 : Conclusions du colloque : Philippe Clermont et Danièle Henky

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Séance d'actualité (20 décembre 2017 - changement de date !) : Yann Frémy viendra présenter son édition des poèmes de Rimbaud et Verlaine

 

Le mercredi 20 décembre, à 18 h, en salle 409.

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