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Rocio MUNGUIA AGUILAR

Doctorante contractuelle à l’Université de Strasbourg (2015-2018)

 

Thèse soutenue le 21 septembre 2019: « Encres métisses, voix marronnes : mémoires d’esclaves noires dans le roman antillais francophone et le roman latino-américain hispanophone »

Sous la direction du Professeur Anthony Mangeon.

Faculté des Lettres, bureau 519

rocio.munguia.a@gmail.com

 

Domaine de recherche

Écriture mémorielle de l’esclavage dans la littérature francophone et hispanophone contemporaine.

 

Diplômes

Master Études Culturelles, spécialité francophonies et interculturalité, Université Paul-Valéry Montpellier 3 (2014)

Licence Lettres Modernes, spécialité traduction littéraire, Université Nationale Autonome du Mexique (2009)

 

Recensions

Johann Michel, Devenir descendant d’esclave. Enquête sur les régimes mémoriels. Rennes, PUR, 2015, 290 p., Cahiers d’Études Africaines (à paraître), Paris, Éditions de l’EHESS.

Josep M. Fradera & Christopher Schmidt-Nowara, Slavery & Antislavery in Spain’s Atlantic Empire, New York-Oxford, Berghahn, 2013, 328 p., Cahiers d’Études Africaines, n° 224, Paris, Éditions de l’EHESS, 2017, p. 946-948.

Frédéric Régent, Gilda Gonfier & Bruno Maillard, Libres et sans fers. Paroles d’esclaves français. Guadeloupe, Île Bourbon (Réunion), Martinique, Paris, Fayard, 2015, 300 p. Cahiers d’Études Africaines, n° 224, Paris, Éditions de l’EHESS, 2017, p. 965-967.

Masson Sabine, Pour une critique féministe décoloniale, Éditions Antipoides, Lausanne, 2016, 259 p., https://lectures.revues.org/21800, mis en ligne le 23 novembre 2016.

Ciarcia Gaetano, Le revers de l’oubli. Mémoires et commémorations de l’esclavage au Bénin, Paris, Karthala, coll. « Esclavages », 2016, 200 p., https://lectures.revues.org/20943, mis en ligne le 08 juin 2016.

Aline Helg, Plus jamais esclaves ! De l’insoumission à la révolte, le grand récit d’une émancipation 1492-1838, Paris, La Découverte, coll. « Sciences humaines », 2016, 380 p., Lectures/Liens Socio, mis en ligne le 01 février 2016.

Gaetano Ciarcia & Jean-Christophe Monferran, Mémoire promise. Film documentaire, CNRS Images, Ministère de la Culture et de la Communication, Université Paul Valéry Montpellier 3, 2014, 76 min. Cahiers d’Études Africaines, nº 219, Paris, Éditions de l’EHESS, 2015, p. 610-612.

Sandra E Green, West African Narratives of Slavery. Texts from Late Nineteenth and Early Twentieth Century Ghana. Bloomington, Indiana University Press, 2011, 280 p. Cahiers d’Études Africaines, nº 219, Paris, Éditions de l’EHESS, 2015, p. 619-621.

Anthony Mangeon (dir.), Postures postcoloniales. Domaines africains et antillais. Paris, Karthala-MSH-M, coll. « Lettres du Sud », 2012, 322 p. Études Littéraires Africaines, nº 39, 2015, p. 219-221. 

André Delpuech, Jean-Paul Jacob (dir.), Archéologie de l’esclavage colonial. Paris, La Découverte, INRAP, coll. « Recherche », 2014, 408 p. Lectures/Liens Socio, mis en ligne le 16 mars 2015.

Collaboration à l’ouvrage collectif consacré aux travaux de Jean-Loup Amselle (transcription des débats et entretiens avec l’anthropologue). Anthony Mangeon (dir.), Anthropolitiques. Jean-Loup Amselle, une pensée sans concessions. Paris, Karthala-MSH-M, coll. « Hommes et Sociétés », 2015, 372 p.

Résumé de la thèse soutenue le 21 septembre 2019

Encres métisses, voix marronnes : mémoires d’esclaves noires dans le roman antillais francophone et le roman latino-américain hispanophone.

Jury :

M. Anthony MANGEON, Professeur de Littératures francophones, Université de Strasbourg (Directeur de thèse).
Mme Yolaine PARISOT, Professeure de Littératures francophones et comparées, Université Paris-Est Créteil (Rapporteur).
M. Romuald FONKOUA, Professeur de Littératures francophones, Sorbonne Université (Rapporteur).
Mme Florence OLIVIER, Professeure de Littérature comparée, Sorbonne Nouvelle.
Mme Françoise SIMASOTCHI-BRONES, Professeure de Littératures françaises et francophones, Université Paris 8.
M. Gaetano CIARCIA, Directeur de recherches CNRS, Institut des mondes africains.

Résumé
Les années 1990 voient apparaître, dans l’espace français et latino-américain, des revendications mémorielles autour du traumatisme historique de la traite négrière et de l’esclavage, décuplées par des controverses et des mobilisations civiles et associatives, érigeant cette décennie au rang de « tournant ». Ces réévaluations du passé ont dévoilé en effet des enjeux et des rapports de force, actualisés dans l’institution des « régimes mémoriels » dans ces espaces, mais aussi dans des fictions contemporaines attachées à révéler la voix des absent.e.s de l’histoire et de leurs descendant.e.s. Parmi ces productions, nous remarquons la convergence d’un certain nombre de thématiques et de pratiques romanesques chez des romancières issues des Antilles françaises et de l’Amérique latine continentale (réécriture des archives, choix génériques et narratifs hybrides, convocation de mêmes fonds de représentation de la violence, de la résistance et de la transmission de la mémoire…), suggérant l’émergence d’une poétique mémorielle de l’esclavage – translinguistique et transnationale – conjuguée au féminin.
Dans une approche comparatiste et interdisciplinaire, où critique littéraire, recherches en sciences sociales, études de genre et théorie décoloniale sont étroitement articulées, nous mettons en regard six récits antillais et latino-américains, écrits par des femmes, qui accordent une place de choix à l’expérience féminine de l’esclave. Outre l’analyse des dynamiques qui lient histoire et fiction dans ces textes, et de la manière dont ces derniers contribuent à ouvrir la voie à une redéfinition de l’histoirE (herstory), notre travail montre les potentialités d’associer textes et terrains. L’exploration d’archives, tout comme les entretiens et le travail d’observation participative que nous avons menés lors de nos différentes mobilités en Amérique latine et en France métropolitaine, auprès de communautés afrodescendantes, nous permettent en effet d’envisager la littérature comme témoignage. Témoignage d’une mémoire enfouie que les écrivaines exhument, en explorant des dimensions méconnues, ou du moins négligées de cette histoire, mais aussi témoignage des postures littéraires adoptées par des auteures à travers des choix poétiques et des problématiques morales qu’ils déploient. Des aspects qui rappellent, par ailleurs, la responsabilité que l’écrivain engage lorsqu’il fait remonter le cours de l’histoire à partir d’une subjectivité intime et de son présent (politique et social) d’énonciation.