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Subjectivité et relativisme de l’écrivain au XXe siècle
Présentation
« Dans le territoire du roman, on n’affirme pas : c’est le territoire du jeu et des hypothèses », dit Kundera. Dépourvue de son caractère sérieux, toute affirmation morale devient hypothétique, voire non valable. Et c’est là où on peut réfléchir sur des questions existentielles de la manière uniquement permise par le roman. Tel est l’art de l’essai romanesque : on ne juge pas, on ne se hâte pas vers « une » réponse, mais on médite les interrogations et on interroge les méditations. Ce style d’essai met à l’épreuve la capacité humaine à supporter la relativité des choses, autrement dit un monde sans Juge suprême. Et Kundera ? Il est le sujet qui « affirme » le relativisme moral et qui souhaite soumettre ses affirmations subjectives à la sagesse relativiste du roman.
Le travail de création d’un monde recèle d’une manière latente l’esprit critique qui se base sur le relativisme moral. Cet esprit critique est aussi tourné vers la subjectivité de l’écrivain même. Le geste d’un écrivain qui tente de brouiller sa présence dans son livre tout en assumant le rôle de générateur du livre ne nous est pas inconnu. Flaubert qui souhaite dissoudre discrètement le « sanctuaire de [s]on âme » dans ses romans, ne jamais se manifester comme un sujet concret ; l’idée de l’essai littéraire chez Musil, qui pourrait réconcilier la subjectivité épanouissante de l’écrivain et sa tentative de répondre aux questions philosophiques (ou bien chercher la vérité) ; Broch qui examine dans sa trilogie le thème de l’effondrement des valeurs au temps moderne à l’aide de/sous la condition du style polyphonique ; ou bien, John Fowles, qui, derrière le narrateur omniscient, propose à l’histoire trois fins possibles en jetant un regard sceptique à son propre écrit, et à ses jugements sur les personnages.
L’écrivain ne montre-t-il pas, par le processus de sa création, comment vivre la dichotomie entre la subjectivité et le relativisme ? Si être prisonnier d’une subjectivité radicale est chose fâcheuse, le relativisme extrême ne peut pas non plus être une issue. Ignorer le soi menace autant la vie que d’être aveugle quant à sa subjectivité... Si le désir de juger avant de comprendre est une cessation de réflexion, l’est autant la volonté d’éviter toute réponse dans une hésitation stagnante. Un tel recul s’appellerait le « mauvais relativisme » dont parle Raymond Boudon. Si la littérature est munie d’une sagesse capable de relativiser toutes les choses y compris soi-même, serait-elle aussi capable de relativiser le relativisme ? Quel rôle alors y jouerait la subjectivité de l’écrivain? Le dilemme de la création littéraire pose tout autant que la philosophie la question du relativisme. Avec comme « arrière-pensée » ces multiples questionnements, cette journée d’études propose à des chercheurs dans les domaines littéraires de se rassembler autour du thème : « Subjectivité et relativisme de l’écrivain au XXe siècle ».
Les propositions de communication (en français, une page maximum) sont à adresser avant le 15 avril 2011 à :
Shuko TANAKA shuko.tnk@gmail.com
Doctorante, et chargée de cours à l’Institut de Littérature Générale et Comparée de l’Université de Strasbourg

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