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Écrire l'intensité de l'art. Journée d'études à l'Institut de littérature comparée (Claire Gheerardyn), en association avec le Département de Philosophie (Mickaeël Labbé)

Le 9 mars 2013
De 08h30 à 19h30

Cliquez sur l'affiche pour la lire

L'Institut de littérature comparée et son groupe de recherches L'Europe des lettres, associés au département de Philosophie, sont heureux de vous inviter à la journée d'études qu'ils organisent le

samedi 9 mars 2013 de 8h30 à 19h30, Bâtiment LE BEL, Salle Ourisson

Etudiants, enseignants, chercheurs y seront cordialement bienvenus.

Il est rappelé aux étudiants en Master II que la présence à une journée d'études peut être validée comme «stage en laboratoire»

Pour consulter le programme détaillé de la journée, cliquer ici

Contact: claire.gheerardyn@gmail.com

L’objectif de cette journée d’étude est d’interroger l’expérience du spectateur face à l’œuvre d’art, telle que la littérature peut en rendre compte, à partir de la notion d’ « intensité ». Il s’agira de mettre au centre de la réflexion non pas la création de l’œuvre mais la relation à l’œuvre achevée et la manière dont la littérature évoque les effets des œuvres d’art sur leurs spectateurs – que ce soit dans le champ des arts visuels, de la musique, de la danse, du cinéma, ou de l’architecture.

Dans le face-à-face avec l’œuvre d’art, il surgit parfois une expérience du bouleversement, une sensation de déchirure, de fulgurance, d’évidence. Le spectateur a l’impression d’être requis par l’œuvre. Il éprouve alors ce que peuvent les œuvres, ce qu’elles font à qui les contemple, et comment elles agissent. Ainsi par exemple, Giacometti parle du « coup de poing » que lui donnent les peintures de Giotto et de Tintoret, et, face aux statues de ce même Giacometti, Jacques Dupin se dit « subjugué, dépossédé de ses instruments de connaissance », en proie à une « commotion silencieuse », « sous l’emprise d’un regard d’une intensité presque insoutenable ». Ce sont ces expériences irrécusables et énigmatiques face aux œuvres, expériences difficiles à définir ou circonscrire, que nous proposons d’envisager en termes d’« intensité ». L’hypothèse que nous soumettons à la réflexion collective est alors la suivante : c’est la littérature qui constitue l’espace propre à évoquer une telle expérience de l’intensité ; c’est elle qui invente des moyens, des images et des figures pour rendre compte, de manière plus ou moins oblique, de cette puissance de l’œuvre d’art sur le spectateur ; c’est elle qui montre la transformation de l’expérience de l’art en une expérience totale, débordant le domaine esthétique, où le sujet-spectateur tout entier est mis en jeu, à la fois dans son corps et son existence.

Cette journée d’étude sera l’occasion d’examiner l’efficacité et la pertinence de la notion d’intensité de l’art, examen urgent dans la mesure où cette notion se retrouve de plus en plus souvent convoquée par le discours sur l’art. L’intensité se constitue peut-être alors comme une catégorie esthétique propre à rendre compte d’une œuvre de manière positive et élogieuse, tout en faisant l’économie des catégories devenues obsolètes du beau ou du sublime. Le numéro 96 de la Licorne, « L’Intensité, Formes et forces, variations et régimes de valeurs » (dir. M. Briand, C. Camelin et L. Louvel, novembre 2011) a été récemment consacré à la notion d’intensité, mais dans cet ouvrage très riche, qui multiplie les approches, l’intensité de l’art n’occupe qu’une place relativement restreinte. Nous chercherons à l’inverse à concentrer notre investigation sur l’œuvre d’art dans la littérature.

 

Quelques pistes non exhaustives pour la réflexion:

- recherche et étude des figures de l’intensité: transformation du spectateur par l’œuvre, folie déclenchée par l’œuvre, mise en danger du spectateur, peur, transe provoquées par l’œuvre, ou, à l’inverse, expériences de l’épiphanie et guérison du spectateur par l’œuvre…

- effets physiques ou physiologiques de l’œuvre d’art sur le spectateur, sollicitation du corps.

- fictions ou pièces de théâtre montrant les effets de l’œuvre sur le spectateur.

- poésie et intensité de l’art.

- essais sur l’art rédigés par des poètes.

- emploi du terme d’ « intensité » par les artistes.

- haine de l’art et réaction iconoclastes face à l’œuvre, combat contre l’œuvre d’art.

- réflexion à partir de textes philosophiques et esthétiques faisant apparaître la notion d’« intensité »: Merleau-Ponty, Deleuze, Didi-Huberman…

La durée des communications sera de 25 minutes.

Info publiée le : 18 octobre 2012

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