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Le 3 octobre, Retour d'écho. Conférence-conversation avec le peintre G. Titus-Carmel

Le 3 octobre 2012
De 10h00 à 12h00

Le 3 octobre 2012, salle 414, de 10h à 12h, Marik Froidefond, docteur de l'université de Strasbourg (littérature comparée) s'entretiendra avec le peintre  Gérard Titus-Carmel dans le cadre du séminaire de Master 2 du Prof. Michèle Finck intitulé Littérature, arts, philosophie.

La séance est publique et tous y sont cordialement invités

On trouvera ci-après une présentation de la conférence et du peintre

Retour d’échoGérard Titus-Carmel, Marik Froidefond

 

Que se passe-t-il lorsqu’un peintre, tout occupé par les questions qu’il se pose – forme, organisation de l’espace, traitement de la couleur, pour ne rien dire du sujet … –, se prend à espérer d’autres abords à son art : la poésie, par exemple, ou la musique ? Pense-t-il trouver là des réponses aux questions que lui pose quotidiennement la peinture ? Cherche-t-il à dégager entre ces pratiques on ne sait quel principe, quelles correspondances, voire des structures communes ? Ou pense-t-il saisir dans leur écho une secrète concordance qui ouvrirait à une ambition plus ample en répondant à l’interrogation fondamentale quant à son être-au-monde ?

Voilà les questions qu’il se pose – qu’il nous pose pendant que, sur le mur, la peinture sèche.

 

*

 

Né à Paris le 10 octobre 1942, Gérard Titus-Carmel vit et travaille à Oulchy-le-Château, dans l’Aisne. Il fait ses études à l’Ecole Boulle, à Paris, de 1958 à 1962 dans l’atelier de gravure et d’orfèvrerie et, depuis lors, se consacre exclusivement au dessin, à la peinture et à l’écriture. Il voyage et écoute beaucoup de musique, aussi.

Très vite son travail s’est organisé en suites et en séries, chacune datée et close sur son titre qui, aboutées les unes aux autres, composent un long récit de la perte mené jusqu’au bord du vide et de l’absence. S’enchaînent alors des suites de dessins sur la figure du déboîtement et de la brisure, de la déconstruction et de l’épissure, toutes ramenées au centre d’une œuvre dont les investigations conceptuelles et graphiques s’interpénètrent – travail qu’il poursuit par ailleurs en « illustrant » bon nombre d’ouvrages de poètes et d’écrivains.

Dès le début des années 1970, après plusieurs reconstitutions de lieux en autant d’ « opérations olfactives », se développent de nombreuses suites de dessins et de peintures, jusqu’aux séries les plus récentes sur l’espace du paysage, sur la touffeur des frondaisons, les superpositions et l’organisation de l’ombre et de la lumière, comme dans la série des Forêts (1995-1996) qui, après les Dédicaces (1991-1992) et les Égéennes (1993-1994), s’ouvre comme une clairière durant la réalisation de la Suite Grünewald (1994-1996), où il approfondit sa réflexion sur la transparence et la « remontée » de la couleur. Succèdent alors les Nielles (1996-1998) et les Sables (1998-1999) où est privilégiée la trace du noir, puis les Quartiers d’Hiver (1999), les Feuillées (2000-2003), les Jungles (2004), l’Herbier du Seul (2005), blasons de la Nature et du Jardin qui, avec les Vanités et les Memento mori, cherchent à situer une présence dans le désordre naturel du monde. Vient ensuite la Bibliothèque d’Urcée (2006-2009), long cycle de peintures et d’œuvres sur papier marouflé qui se déploie en dix « départements » de dix œuvres chacun, marquant justement dans l’alignement des gestes comme dans l’occupation de l’espace, une volonté de donner du dessin – voire une écriture, et peut-être même une musique – à ce désordre. Ce travail de saturation de la surface débouche sur la plus récente série ; où la couleur s’engorge d’elle-même et rutile : les lumineuses Brisées (2009-2012), scandant les étapes d’une imaginaire Route de la Soie.

Indépendamment d’une somme importante de commentaires et d’exégèses que son travail a suscités chez les critiques et les historiens de l’art, bon nombre d’écrivains, de philosophes et de poètes se sont aussi penchés sur son œuvre de peintre : d’Aragon à Jacques Derrida, d’Alain Robbe-Grillet à Georges Duby, de Tadeuz Kantor à Yves Bonnefoy ou de Denis Roche à Abdelkébir Khatibi, quelques grands textes ont été écrits sur une œuvre qui ne laisse pas de questionner quant à la représentation, au statut du modèle et à sa mise en procès.

Lui-même auteur, il a publié à ce jour une quarantaine de livres, comprenant plus de vingt recueils de poésie et autant d’essais sur l’art et la littérature (textes sur Pierre Michon, Henri Michaux, Bernard Vargaftig, Jean-Louis Baudry,  Jean-Pierre Pincemin, Jean Echenoz, Eugène Leroy…), dont plusieurs « rêveries critiques » visitant l’œuvre de Hart Crane, Gustave Roud, Edvard Munch, Yves Bonnefoy et Pierre Reverdy.

Parmi ses derniers titres, citons Edvard Munch entre chambre et ciel (Virgile, 2007), Pierres d’attente pour Reverdy (Tarabuste, 2008), Un Lieu de ce monde (VVV Editions, Montréal 2008), la Nuit au corps (Fata Morgana, 2010), l’Ordre des jours (Champ Vallon, 2010), le Reste du vent (La Porte, 2011), Ressac (Obsidiane, 2011), la Porte (La Porte, 2012). Deux autres ouvrages sont à paraître en 2013 : le Huitième pli ou le Travail de beauté (Galilée) et Albâtre (Fata Morgana).

On pourra consulter deux articles des Dernières nouvelles d'Alsace consacrés à la dernière exposition du peintre à Colmar en cliquant ici et ici et l'on trouvera une présentation de l'exposition elle-même en cliquant ici.

Info publiée le : 20 septembre 2012

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